HomeActualitéVeuvage : la reine Clarisse Douala Bell pour l’assouplissement des rites.

Veuvage : la reine Clarisse Douala Bell pour l’assouplissement des rites.

Le cri de détresse a été lancé dimanche le 20 septembre au cours de la cérémonie traditionnelle d’excellence scolaire destinée aux enfants du Canton Bell.

«Les veuves souffrent et s’en plaignent», c’est en partie le contenu du discours de la reine Clarisse Douala Bell, épouse Chef supérieur du Canton Bell transformé en plaidoyer à l’endroit des veuves de son canton à l’occasion de la cérémonie d’excellence scolaire destinée aux fils et aux filles de sa communauté.

La reine s’est saisie de cette audience publique pour demander l’assouplissement des rites de veuvage dont les femmes subissent suite aux décès de leurs maris.

Si Clarisse Douala Bell a déclaré à l’entame de ses propos ne pas être contre la tradition, c’est presque sur un ton de supplice qu’elle a interpellé son mari le roi Jean Yves Eboumbou Douala Manga Bell, les différents notables présents à cette cérémonie ainsi que les femmes du canton dont il revient la charge d’appliquer ces rites.

«Majesté, je suis pour les rites aux veuves, je suis pour la tradition. Je vous demanderai avec humilité devant témoin de ne pas éradiquer les rites faits aux veuves, mais de les assouplir, de les humaniser. Vous pouvez charger vos notables de prendre des textes dans ce sens», a-t-elle indiqué devant l’assistance. 

Les pratiques dont plusieurs femmes en souffrent au sein du Canton Bell et dans différentes autres communautés du pays qui se sont transformés en cauchemars et frustrations pour nombreux d’entre elles qui sont obligés de se mettre en porte-à-faux avec la tradition et leurs belles familles.

C’est pourquoi le message est d’abord adressé à son mari à qui la Reine demande d’user de son influence auprès de ses sujets pour alléger ces pratiques.

Son regard s’est ensuite tourné vers les notables, gardiens de la tradition à qui il revient de concevoir les règles de fonctionnement traditionnel de notre société.

Aux femmes du Canton Bell, Clarisse Douala Manga Bell a demandé d’être un peu souples. « Vous êtes vous-mêmes des veuves en devenir. Évitez de faire aux autres ce que vous n’aimeriez pas qu’on vous demain», leur a-t-elle rappelé.

Rose Djemba, une des veuves présente à cette cérémonie est satisfaite de la défense prise à leur par l’épouse du roi. «Nous sommes contentes que la reine ait soulevé ce problème. Nous souffrons durant les rites de veuvage. Nos belles-sœurs nous maltraitent et nous réclament parfois de grosses sommes d’argent non seulement que nous n’avons pas mais que n’avons jamais reçu même du vivant de nos maris. En plus de cet argent, il faut leur donner des boissons et faire des grands repas pour elles. Et si vous la malchance qu’elles ne vous aiment pas, il est possible qu’elles multiplient leur demande par deux ou par trois. Ce, selon le volume des biens que votre mari vous aura laissé ».

Des pratiques qui ne sont pas loin de la maltraitance et des abus à l’endroit de ces veuves que Clarisse Douala Bell décrie avec force.

Elle a transgressé les US et coutume et contourné le protocole jugés rigides pour le faire. «Je l’ai déjà fait sur l’oreiller, ça n’a pas marché. Aujourd’hui, je m’adresse devant témoin». Sera-t-elle entendue cette fois-ci ?

Félix Epée

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